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TÉLÉCONSULTATION LE GRAND DÉCOLLAGE

 

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Jusqu’ici plutôt confidentielle, la consultation médicale à distance a explosé avec la pandémie de coronavirus et le confinement. Patients et médecins de ville continueront-ils à l’utiliser une fois la crise passée ?

 

Marie souffre de Covid19 à la fin du mois de mars. Fièvre, fatigue extrême… après une première visite, son médecin traitant lui propose un suivi à distance : « ça m’a semblé plus judicieux que de retourner à son cabinet et risquer de le contaminer, lui et d’autres patients », explique-t-elle. Son médecin utilise l’outil mis à disposition par Doctolib, la plateforme spécialisée dans la prise de rendez-vous en ligne.

UNE PRISE EN CHARGE À 100% POUR LE COVID19

Par la suite, Marie communique avec son praticien à deux reprises par visioconférence. « Cela a permis de vérifier que mon état de santé ne se dégrader pas. Chaque téléconsultation a duré une quinzaine de minutes. J’avais un peu la tête à l’envers, mais je retiens la très bonne qualité de la vidéo et du son. » Ce suivi ne lui a rien coûté. Depuis le début de la crise, l’Assurance maladie rembourse intégralement les téléconsultations en lien avec le Covid19. Inutile de dire que les services de consultations à distance ont explosé quand le coronavirus a posé ses bagages sur le territoire français. Les chiffres de l’Assurance maladie sont impressionnants.

La « Sécu » a commencé à rembourser la téléconsultation fin 2018, mais à des conditions extrêmement strictes, qui avaient limité son utilisation jusque-là.

La téléconsultation a longtemps été ignorée par le corps médical et les pouvoirs publics. Cette pratique a tout de même progressé en France depuis le milieu des années 2010, mais sous l’impulsion de plateformes spécialisées qui commercialisent le service auprès des complémentaires «santé», de certains employeurs (privés ou publics) voire en direct aux patients qui acceptent de mettre la main à la poche. Dans les deux premiers cas, l’acte ne coûte rien aux utilisateurs du service.

DERRIỀRE L’ÉCRAN DES PROFESSIONNELS

Ces plateformes rémunèrent des médecins et se chargent d’organiser la mise en contact avec le patient via des outils qu’elles ont développés. On estime aujourd’hui qu’environ 50 millions de Français peuvent bénéficier, parfois sans le savoir, d’un tel service. Ces téléconsultations virtuelles sont assurées par des professionnels inscrits à l’ordre des médecins et qui exercent le plus souvent en parallèle, soit en ville, dans un cabinet, soit dans un établissement hospitalier.

« Il est essentiel pour nous, que les médecins de notre service continuent sur une partie de leur activité à recevoir des patients en chair et en os », précise ainsi Corinne GUILLEMIN, directrice des activités santé et prévoyance d’Axa France. L’assureur propose un service de téléconsultation par téléphone ou visioconférence à ses adhérents depuis 2015 (5 millions de bénéficiaires en tout). Axa est la seule complémentaire à ne pas passer par une plateforme ad-hoc.

Axa, donc, mais également Doctolib, DocteurSecu, Luivi, Medaviz, MedecinDirect, MesDocteurs, Qare…

L’offre en matière de téléconsultation est riche, que ce soit dans le cadre d’une prise en charge par l’Assurance maladie, ou le plus souvent hors de ce cadre.

DES PLATEFORMES PLUS OU MOINS DIVERSIFIÉES

Le nombre de professionnels de santé employés est variable d’une plateforme à l’autre. La plupart des acteurs du secteur travaillent à la fois avec des généralistes et des spécialistes. Certains proposent également le recours à des paramédicaux, des infirmiers notamment.

Mais une consultation par écran et webcam interposés peut-elle réellement remplacer une visite en chair et en os chez son généraliste ? « Il s’agit d’une consultation à distance centrée sur l’interrogatoire du patient et non pas d’une pratique dégradée de la médecine », lit-on sur le site de la Société française de télémédecine, devenue, depuis octobre 2019 la Société française de santé digitale.

80%^DES SITUATIONS PEUVENT ÊTRE TRAITÉES

François LESCURE est fondateur de MedecinDirect, l’une des plus importantes plateformes de téléconsultation (15 millions de bénéficiaires). Il est aussi président de L’association des Entreprises de Télémédecine (LET). D’après lui 80% des situations médicales traitées par les médecins de sa plateforme peuvent donner lui à une téléconsultation. « Dans les autres cas on renvoie le patient vers son médecin traitant ou vers les urgences. »  Les motifs justifiant le recours à une téléconsultation sont nombreux : suivi d’affections chroniques, pathologies saisonnières, renouvellement d’ordonnance, analyse de résultats d’examens… Les patients utilisent cette possibilité quand ils ne parviennent pas obtenir une consultation classique du fait d’un défaut de médecin, s’ils se trouvent éloignés de leur zone de résidence ou encore si le trouble survient hors des périodes ouvrables. Nombre de plateformes proposent, en effet, l’accès à leur service à toute heure du jour et de la nuit.

DE PLUS EN PLUS DE SPECIALITÉS CONCERNÉES

            Les situations qui nécessitent une auscultation ne relèvent a priori pas d’une prise en charge dématérialisée. C’est le cas des consultations plus complexes de spécialistes. On ne fait pas un fond de l’œil ou un examen gynécologique par téléphone. Malgré tout, certaines spécialités peuvent se prêter à la téléconsultation. La dermatologie, par exemple, est déjà susceptible de s’appuyer sur la prise de photos pour l’identification de lésions cutanées potentiellement inquiétantes. Et le développement d’outils de diagnostics connectés ouvre de nouvelles possibilités. « Dès lors qu’il y a une compétence médicale qui est mise en face d’un patient, elle est toujours utile », estime Corinne GUILLEMIN. Chez Axa, 10% des téléconsultations amènent les médecins à aiguiller le patient vers un service d’urgence, 15 à 25%, selon la période, donnent lieu à une ordonnance et 50% permettent de rassurer la personne à l’écran.

L’exemple des parents qui appellent en pleine nuit pour savoir quelle attitude adopter face à une fièvre de leur enfant est fréquent. « Bien souvent, ces cas ne sont pas graves, rapporte Corinne GUILLEMIN. On s’informe sur la durée des symptômes, on recommande de  suivre leur évolution et d’éventuellement nous rappeler le lendemain si la situation ne s’améliore pas. Pour des parents inquiets, ces conseils ont beaucoup de valeur. » Ce type d’intervention évite un recours inapproprié aux urgences. Et valide l’intérêt de la téléconsultation dans le rôle qu’elle peut jouer en matière d’aiguillage des patients.

LA CRISE DU COVID19 A CHANGÉ LES HABITUDES

            « Dans les prochaines semaines et prochains mois, la consultation vidéo fera partie intégrante du quotidien des cabinets et des hôpitaux et viendra compléter utilement les consultations physiques dans la prise en charge des patients », estime Stanislas NIOX-CHATEAU, co-fondateur et président de Doctolib. Les autres plateformes que « 60 » a consultées sont tout aussi convaincues que la crise du coronavirus va considérablement rebattre les cartes de la prise en charge des patients.

LE MOUVEMENT EST LANCÉ

            Marie-Claude SAILLARD est directrice générale de MesDocteurs (25 millions de bénéficiaires). Sur les trois premières semaines de mars, l’activité de sa société a été multipliée par six. « Les médecins qui n’avaient pas pris le temps d’intégrer de la téléconsultation dans leur pratique (une très large majorité, NDLR) ont dû s’y mettre à marche forcée, je pense qu’ils ont pu constater, en s’appropriant ce nouvel outil, qu’il peut apporter beaucoup de souplesse dans la gestion de leur agenda tout en maintenant un niveau de suivi des patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques, qui est extrêmement intéressant », affirme-t-elle.

            La dernière semaine de mars, près de 29 000 médecins libéraux ont facturé au moins une téléconsultation à l’Assurance maladie. C’est trois fois plus que la semaine précédente.

Quant aux patients, ils ont pu expérimenter la consultation à distance aussi bien avec leur médecin traitant qu’avec un praticien qu’ils ne connaissaient pas. De là à dire que la téléconsultation s’est imposée comme une modalité pertinente de prise en charge ? C’est un pas que l’Assurance maladie n’hésitait pas à franchir fin mars. Dans un contexte où l’ombre du virus devrait planer encore plusieurs mois sur nos têtes, cette pratique rendra probablement encore de précieux services.

RAPHAËL LACOSTE

 

EN UN MOIS, LES TELECONSULTATIONS REMBOURSÉES MULTIPLIÉES PAR 100

  • Hallucinant ! Quelque 936 000 téléconsultations ont été facturées à l’Assurance maladie pendant la semaine du 30 mers. L’organisme recevait 10 000 demandes de remboursement par semaine avant le déclenchement du confinement.
  • Cet acte est remboursé par l’Assurance maladie depuis septembre 2018. À l’origine, cette prise en charge était réservée aux téléconsultations par visioconférence entre un patient et son médecin traitant ou un médecin auquel ce dernier l’avait adressé.
  • Covid19 oblige, les pouvoirs publics ont assoupli cet encadrement et autorisé le remboursement hors médecin traitant pour les personnes infectées par le coronavirus ou soupçonnées de l’être. La prise en charge a aussi été étendue aux consultations par téléphone pour ces mêmes patients ou ceux en affection de longue durée et âgés de plus de 70 ans. « Les téléconsultations constituent désormais plus de 11% de l’ensemble des consultations contre moins de 1% avant la crise », rapportait l’Assurance maladie le 3 mars dernier.

 

BON A SAVOIR

Les téléconsultations proposées par les complémentaires «santé » sont comprises dans les contrats souscrits par leurs adhérents. Ils n’ont donc rien à débourser. Toutefois, certains contrats peuvent prévoir de limiter le nombre de consultations à distance par année et par bénéficiaire.

 

UNE CABINE DE TÉLÉCONSULTATION À LA MAIRIE

  • C’est une cabine équipée d’un système de visioconférence dans laquelle le patient s’installe pour un rendez-vous virtuel. De l’autre côté de la webcam : un médecin généraliste. Et espace clos est muni de nombreux capteurs permettant aux patients d’enregistrer le pouls, la tension, et le taux de cholestérol, la glycémie, etc. des données transmises en temps réel au médecin. À l’issue de la consultation il peut délivrer une ordonnance ou prescrire des examens complémentaires.
  • À la fin de l’année dernière, la société H4D, qui revendique « plusieurs dizaines de milliers de consultations par an » avait installé environ 60 de ces cabines à travers la France dans les entreprises ou des mairies. En mars, les villes de Mennecy (Essonne) Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et Villeneuve-la-Garenne (Hauts –de-Seine) se sont équipées.
  • Une autre société s’est lancée il y a deux ans. TESSAN propose aujourd’hui une cabine équipée de sept objets connectés (stéthoscope, tensiomètre, dermatoscope…). Elle est déployée dans 60 pharmacies en France.


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