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EMMANUEL MACRON GONFLE LES MARGES DE LA GRANDE DISTRIBUTION ET PLOMBE LE POUVOIR D'ACHAT

 

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Arnaud Faucon
4 février 2019 | Mise à jour le 4 février 2019
Par | Secrétaire national de l’Indecosa CGT
Les consommateurs vont découvrir au matin du 1er février les répercussions de la fameuse loi alimentation (EGALIM°) qui doit parait-il permettre une meilleure répartition de la chaîne de valeur. Autrement dit les producteurs pourraient selon les dires du gouvernement bénéficier d'une meilleure rétribution de leur travail. En réalité cela va se traduire par une augmentation immédiate du prix de nombreux produits.

Si INDECOSA-CGT (INformation, DÉfense des COnsommateurs SAlariés) conçoit qu'il faille mieux rétribuer les producteurs, elle n'accepte pas que cela se fasse au détriment du pouvoir d'achat des français.

En effet dans ce marché de dupes, les grands gagnants se sont une fois plus les industriels et les grandes surfaces qui vont voir leurs marges augmenter sans que l'on ne change rien au système. La grande distribution jure la main sur le cœur qu'elle va prendre des mesures énergiques pour garantir au consommateur un impact moindre sur les prix ! Le remède miracle serait selon elle la marque distributeur (MDD) qui ne serait pas touchée par l'obligation de faire 10 % de marge minimum. C'est un numéro d'illusionniste puisqu'une bonne partie des MDD sont fabriquées sur les mêmes chaînes que celles des grandes marques. C'est le cas notamment pour la mise en boite de beaucoup de produits de consommation courante comme les fruits et légumes. Ainsi un grand groupe comme Bonduelle qui fait près de 3 milliards de chiffre d'affaires annuel conditionne très souvent les mêmes produits sur les mêmes chaînes avec des étiquettes différentes. Autrement dit nous achetons sans le savoir des produits qui viennent de la même usine sous une marque différente et à un prix différent.

Pour INDECOSA-CGT cette loi n'est qu'un texte d'affichage trompeur qui ne répond pas du tout à l'exigence de la juste rémunération du travail des producteurs dans notre pays.
La TVA étant, comme chacun sait, l'impôt le plus injuste qui soit, parmi les pistes à explorer figure l'application pour les produits de première nécessité d'une TVA à 0 % : un allocataire au RSA va ainsi payer en proportion le kilogramme de farine plus cher que monsieur Bolloré ou monsieur Pinault. Mais à ce sujet, le gouvernement n'en dit rien.

Aucune mesure n'est prévue pour la transparence sur les prix alors que nous avons, parait-il, un observatoire des prix et des marges dont le fonctionnement est souvent entravé par le manque de volonté des distributeurs de fournir suffisamment de données fiables. Enfin pourquoi ne pas remettre en place un affichage clair mentionnant la part réelle qui revient au producteur ? Ne faudrait-il pas revenir également à un encadrement plus strict des prix de certaines denrées dites vitales ou sensibles plutôt que de maintenir l'ordonnance de 1986 qui généralise la liberté des prix sur la consommation? Enfin il faudrait renforcer les contrôles auprès des professionnels. Pour cela il faudrait renforcer les effectifs de la DGCCRF au lieu d'en supprimer, et recruter des agents pour assurer une véritable police économique. Nous savons d'expérience (à travers différents scandales Lactalis, dieselgate, chevalgate …) qu'on peut s'en remettre aux pseudos bonnes intentions des industriels et des distributeurs.



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